LA VIE PRATIQUE AU MEXIQUE, suite (2)

SUR LE TOIT, L’EAU ET LE GAZ

Revenons aux fournitures d’énergie. Je ne vois pas de livreurs de fuel, car les maisons ne sont pas chauffées. L’électricité est bien commode, mais généralement on fait ici la cuisine au gaz (et sur des braises à la campagne). Dans la forêt, j’ai vu les gens ramasser les pommes de pin et le bois mort…Comme les toits sont en terrasse, à cause du climat, et que sur les terrasses , il y a souvent un genre de petite buanderie, on place à côté la réserve de gaz, reliée par un tuyau à la cuisine. Ces réserves prennent deux formes : de grosses bouteilles qu’il faut changer quand elles sont vides, ou une citerne. Pour changer les bouteilles, c’est simple : on appelle le marchand qui passe en camion dans la rue avec son stock de bouteilles. Il est reconnaissable à une sirène spéciale. Le livreur, un costaud, porte la bouteille sur son dos jusqu’à la terrasse et l’installe. Si c’est une citerne, on fait appel, par téléphone, à l’entreprise ad hoc et deux heures plus tard les livreurs sont là ; généralement ils posent une échelle de la rue pour grimper sur le toit avec leur tuyau. Ils disposent d’un compteur ce qui fait qu’on demande exactement la quantité désirée, par exemple pour 500 ou 1000 pesos. L’avantage d’une réserve sur le toit, c’est qu’elle est à l’air libre, et qu’en cas de fuite le risque d’explosion en est diminué.

Toujours au chapitre des livraisons à domicile, on peut se faire livrer quelques mètres cubes d’eau potable, quand la citerne est vide, ou encore de lourdes bouteilles d’eau purifiée, pour la consommation. La distribution de l’eau de ville n’est pas même qu’en France. Généralement, l’eau n’arrive pas en permanence. Chez nous à Cuerna c’est souvent en fin de journée : la citerne se remplit automatiquement et le trop-plein va dans la piscine qui garde donc un bon niveau. Mais comment assurer la pression dans les robinets alors que la citerne est plus basse que la maison ? Un système de pompe fait monter l’eau jusqu’au réservoir d’un bon mètre cube qui se trouve sur le toit. Presque toutes les maisons mexicaines ont sur leur toit ce type de réservoir cylindrique, en matière plastique souvent noire, parfois dissimulé, pour l’esthétique, par une maçonnerie. A préciser qu’au Mexique, on évite de boire l’eau de ville, bien qu’elle ait bon aspect. On lui préfère, par sécurité, l’eau minérale (aqua natural) ou l’eau purifiée en bouteilles. A noter que le terme mineral indique que c’est gazeux… Mais j’utilise l’eau du robinet pour le café, la soupe, le brossage des dents, et la toilette de chat matutinale

Toujours à propos de l’eau, il faut savoir que certains quartiers ou certains immeubles sont plus favorisés que d’autres. Pour bien des habitants, l’alimentation en eau « potable » est une vraie galère tandis que par ailleurs existent de véritables gaspillages : fuite inondant la chaussée, lavage forcené des véhicules ou arrosage excessif de la végétation.

Un détail à signaler. Au Mexique les toilettes sont bien sûr équipées de chasses d’eau. Mais on évite de mettre le papier toilette, dans la cuvette, survivance d’une époque où les conduits se bouchaient facilement et qui est peut-être encore d’actualité en de nombreux lieux. Alors, on met le papier toilette usagé dans une poubelle appropriée. A la réflexion, c’est plus écologique que d’ envoyer tout ce papier au tout à l’égout, et c’est certainement meilleur pour les systèmes de fosses septiques (en la matière…je ne suis pas sceptique !

Bon… Mais à la maison, nous sommes plutôt privilégiés en ce qui concerne l’adduction.

Un mot encore. Parmi les petits métiers que j’aime bien, dans ma rue, il y a la vendeuse d’avocats qui frappe régulièrement aux portes, et aussi le rémouleur, qui ne crie pas, mais siffle un air évoquant les traditions indigènes. Il m’a réparé tout à l’heure ma cisaille à gazon pour 40 pesos. Travail impeccable.

Quand je rentre en France, j’ai la nostalgie des services au Mexique, ça se comprend, non ?          Autres articles sur le Mexique quotidien : http://www.dominique-arnaud-le-mexique-revele.com/

Journaliste à la retraite passionné par le Mexique et commençant à le connaître bien, notamment la région de Cuernavaca : j'ai plaisir à partager mes découvertes et à penser que le Mexique vaut beaucoup mieux que ce qu'on en pense parfois. J'aime bien les échanges entre ce site et le mien, vive la carte de la complémentarité !

Author: DArnaud

Journaliste à la retraite passionné par le Mexique et commençant à le connaître bien, notamment la région de Cuernavaca : j'ai plaisir à partager mes découvertes et à penser que le Mexique vaut beaucoup mieux que ce qu'on en pense parfois. J'aime bien les échanges entre ce site et le mien, vive la carte de la complémentarité !

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9 Comments

  1. Aux lecteurs de cet article, si vous désirez un autre sujet de vie pratique, demandez le et vous serez servis par l’un ou l’autre des contributeurs !!!

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  2. Presque folklo mais cela fait son charme… A Mexico, dans les immeubles plus anciens chacun a deux bouteilles de gaz, une en cours et l’autre pour la suite, normalement…
    Si l’on est étranger, rarement entre mexs, il arrivera souvent que la bouteille « suite » soit largement entamée. Comment a-t-elle fait pour se promener malgré la chaine ? C’est donc une bonne chose qu’il y ait maintenant une alimentation unique avec compteurs individuels.

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    • C’est vrai, ce sont les petits détails de la vie pratique qui font le charme d’ici, même si le charme est suranné !

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  3. je lis toujours avec beaucoup d’interét les articles et les reportages je suis trés curieuse de connaitre le pays ou mon fils à choisit de vivre.Trop loin hélas pour aller lui rendre une petite visite puisque des milliers de kilométres nous séparent

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    • Mais un beau jour, peut-être, quand même la traversée de l’Atlantique d’un coup d’aile, c’est pour vous mon voeu de fin d’année !

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    • Une petite visite peut-être, mais tu peux toujours me rentre une grande visite;)

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      • C’est sûr faut amortir le billet d’avion, ça fait cher pour 8 jours

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        • oui et avec le décalage horaire, la première semaine est bien difficile. Le top, c’est de venir 3 semaines, pour commencer à s’acclimater et connaître le pays.

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    • N’hésitez pas à rendre visite à votre fils
      Moi aussi j’ai mon fils qui vit à Mexico et c’est toujours une grande joie de parcourir ce pays riche de culture de chaleur et d’amour

      bien cordialement

      Marie Rose

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