PATZCUARO ET JANITZIO, UN MONDE A PART OU PLANNENT LES OMBRES

Quand la nuit arrive, sur l’île de Janitzio, le cimetière s’allume de milles chandelles, les gens s’installent sur les tombes, ils viennent passer une partie de la nuit avec leurs défunts. Ils leur chantent des chansons qu’ils aimaient, leur apporte les mets qu’ils préféraient et papotent entre eux et avec leurs morts.

 

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janitzio01C’est « el día de Muertos », le 2 novembre, et dans les maisons on a inventé des autels avec les plats préférés et les photos des disparus, c’est la fête, c’est la tradition qui prend ses racines dans des rites préhispaniques et ancestraux qui se sont intriqués dans les coutumes chrétiennes pour se confondre en un seul rituel. Le spectacle est insolite, l’île vibre au son des voix qui s’élèvent vers l’au-delà, des chants qui réveillent les morts, et les vibrations des âmes des vivants rencontrent les esprits. Un phénomène intrigant surgit, inexplicable, mystérieux, les frissons parcourent l’échine des êtres pendant que les habitants des tombes sont heureux.

tumblr_m9yas0Wlqd1rv5g8ko3_1280La région est aussi un vrai trésor mexicain, unique au monde grâce à cette tradition mais aussi a son paysage et son architecture. Avant l’arrivée des espagnols, existaient plusieurs centres cérémoniaux dans la région, Janitzio était un important cimetière et juste quelques pêcheurs y habitaient. Quand on se rend sur l’île, on peut vois ces caboteurs avec leur filets en forme de papillon faisant une démonstration et ensuite on monte les interminables marches entre les boutiques et restaurants pour atteindre le sommet de l’îlot et profiter de la superbe vue sur le lac et les montagnes environnantes. On y déguste le fameux poisson blanc de Pátzcuaro servit par les femmes purépechas aux jupes plissées à multiples jupons et longues tresses attachées par des rubans.

 

A quelques kilomètres, on visite le village de Tzintzuntzan avec son site archéologique de construction arrondie et son couvent du XVIème siècle entouré d’oliviers. Les excursions nous transportent plus loin pour visiter le volcan Paricutín où la coulée de lave a enseveli le village et seules les tours de l’église surgissent de cette lave craquante et tourmentée, on pousse jusqu’à Cuitzeo et son magnifique monastère du XVIème siècle, et la belle ville dorée de Morelia offre ses églises, ses édifices coloniaux, ses marchés colorés, son artisanat.

 

vasco_quiroga4Cependant, le principal trésor de la région reste Pátzcuaro, sur une des collines qui dominent son lac, petite ville pleine de charme et d’élégantes bâtisses. On s’y installe comme point de départ des excursions et surtout la visite de Janitzio, on y dort dans des hôtels de charme, on y mange de façon succulente, on admire des spectacles de danse folklorique, on déambule dans ses ruelles et ses patios romantiques. Important señorio du royaume Tarasco, la ville date du 14ème siècle et fut conquise par les espagnols qui installèrent l’épiscopal avec Vasco de Quiroga qui incitait les indiens à vivre dans la nouvelle ville qui grandissait et s’embellissait. Il dirigeât la construction de la cathédral sur les reste du temple dédié à la déesse Cuerápari. La ville, destinée à être une grande capital, tomba dans l’oublie avec la création de Morelia et reste une cité à caractère médiéval où il fait bon se promener et découvrir ses charmes.

 

patio_principal_once_patios_patzcuaroLa balade à pied nous amène à la Basilique de Nuestra Señora de la Salud, construite sur la partie haute de la ville, avec une façade sobre et un intérieur joliment décoré où l’on trouve la vierge de la Salud, patronne de la région, statue modelée en pâte de canne à sucre au XVIème siècle et qui attire de nombreux pèlerins. A partir de cette place où se trouve le pouvoir civil, les rues descendent pour nous emporter dans le passé, au rythme des façades coloniales. L’ancien couvent de Saint Nicolas est devenu le Musée des Artes e Industrias Populares qui expose les plus beaux objets de laque, céramique, tissus. Le temple et collège de la Compañía de Jesús date du XVIIème siècle, on y admire son beau patio qui offre une certaine paix. Le temple del Sagrario, commencé en 1693, a été en construction durant 2 siècles et présente des éléments décoratifs de différentes époques. On arrive par une petite ruelle inclinée à la Casa de los Once Patios, édifiée en 1742 pour les nonnes dominicaines, et qui enchante par sa série de patios, ses arcades, ses fontaines et aujourd’hui ses ateliers d’artisans.

 

foto17On débouche alors sur la belle place carrée Vasco de Quiroga entourée d’édifices coloniaux majestueux, considérée comme une des plus admirables d’Amérique et différente dû à l’absence de bâtiment religieux. On y remarque ses portiques, le palais Huitziméngari avec son patio à arcades, sa fontaine centrale et ses grands arbres centenaires. On visite la fontaine del Torito, la place Gertrudis Bocanegra (héro de la lutte pour l’indépendance) avec ses arches et son marché, l’ex couvent San Agustín, le sanctuaire de Guadalupe, le temple de San Francisco, etc. Pátzcuaro es un village magique qui n’en fini pas de surprendre et charmer. On se perd dans un envoûtement total qui nous conduit au fil des rues pavées dans un rêve aux couleurs du passé.

 

purepecha-new-year-celebrationDans ce monde purépecha, où les gens gardent leur culture ancestrale et parles leur langue, on découvre des visages volontaires, des regards intrigants et des coutumes qui surgissent d’un passé qui a été chahuté para l’histoire. Pátzcuaro nous offre plus qu’un voyage à seulement 5 heures de Mexico, c’est un trésor culturel à l’ombre de paysages somptueux, de bâtiments élégants et historiques, d’une gastronomie exceptionnelle, et de traditions fascinantes. Assister au « día de Muertos » est le prétexte idéal pour instiguer un voyage au cœur de l’âme purépecha, au son de la fameuse danse des Viejitos.

 

Où Dormir : Mansión de los Sueños (tel . 434 3421103, Ibarra 15, www.mansiondelossuenos.com), Hotel Mansión Iturbe (tel. 434 3420368, portal Morelos 59), hotel Casa Real (tel. 434 3421106, Portugal 1), Casa Shanarani (tel. 434 3420975, Lloreda 27), Portón del Cielo (tel.434 3427511, camino al Estribo Grande).

 

Un témoignage de Patrick MONNEY.

 

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Je suis né à Agadir au Maroc et après des séjour en France, Afrique, États Unis je me suis établi au Mexique depuis 30 ans. Dentiste pédiatre a Mexico, je fais en plus des reportages pour plusieurs magazines de voyages mexicains, espagnol et français. Les voyages sont la meilleur école de la vie.

Author: Patrick MONNEY

Je suis né à Agadir au Maroc et après des séjour en France, Afrique, États Unis je me suis établi au Mexique depuis 30 ans. Dentiste pédiatre a Mexico, je fais en plus des reportages pour plusieurs magazines de voyages mexicains, espagnol et français. Les voyages sont la meilleur école de la vie.

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